danseuse à l’Opéra

 

Danseuse à l’Opéra de Paris


Véronique Doisneau, danseuse à l’Opéra de Paris

« On arrive à faire environ entre 100 et 120 spectacles par an. On a tout un système de répétitions qui peut aller de 2 à 3 heures par jour jusqu’à 6, 7 heures par jour. Ceux sont en général des répétitions qui prennent uniquement les après-midi, les matinées étant réservées aux leçons, aux cours qu’on continue à prendre tout le temps.

J’ai commencé à 5 ans. Mon premier cours de danse m’a laissé une impression indélébile. J’avais l’impression d’avoir toujours su faire ça.

A 7 ans, je suis rentrée au conservatoire d’Orléans. J’en suis sortie avec un premier prix. A la suite de ça, je suis rentrée au conservatoire de Paris, j’en suis sortie aussi avec un premier prix. Et j’ai intégré l’Opéra. J’ai juste fait une année d’école de danse et après j’ai été engagée dans le corps de ballet. Donc, je ne suis pas passée par la voie traditionnelle, je n’ai pas fait l’école de danse, je n’ai pas été petit rat de l’Opéra de Paris.

Mais, on arrive quand même, de toute façon, à être professionnel. Bon, j’ai 32 ans et je suis sujet. Les échelons, c’est: quadrille, coryphée, sujet, première danseuse. Pour passer de première danseuse ou premier danseur à étoile, il n’y a pas de concours, c’est sur nomination du directeur de la danse. Chaque danseuse a ses petits bidouillages. Alors moi, voilà ce que je fais. Voilà les chaussons après. Donc, là, ils ont déjà été utilisés. Ils m’ont fait plusieurs cours.

Donc, j’enlève le satin au bout. A l’intérieur, je coupe la semelle là où la courbure de mon pied arrive. Je mets un petit peu de vernis et alcool à l’intérieur pour qu’ils durent un petit peu plus longtemps et je couds des cordons, comme bon me semble, avec des élastiques derrière pour éviter de les perdre en scène. Tout ce qui procure le plus de joie, en fait, c’est la scène.

C’est le fait de donner au public. Le fait d’être tout seul en scène, responsable de ce que l’on fait. Et puis, ce monde du spectacle qui est, en fait, la féerie de l’enfance qui se poursuit. Attention, sur le côté féerique, beau, magique des choses, c’est un travail de tous les jours, excessivement difficile. Donc, ça demande une discipline de vie très stricte. Si on ne cherche pas ses limites, si on ne va pas au bout de soi-même, on ne peut pas être professionnel, ça n’est pas possible. »
 

http://www.viviennestringa.com/medias/images/1.png L’Opéra national de Paris