Guillaume Apollinaire. La chanson du Mal-Aimé (8)

 

LES SEPT ÉPÉES

 

La première est toute d’argent	Et il avait dans sa main droite sept étoiles, et de sa bouche sortait une épée aiguë à deux tranchants | estampe | Odilon Redon	 Guillaume Apollinaire. La chanson du Mal-Aimé. Et je chantais cette romance En 1903 sans savoir Que mon amour à la semblance Du beau Phénix s'il meurt un soir Le matin voit sa renaissance. Léo ferré. Frans leren, Vivienne Stringa

Et son nom tremblant c’est Pâline

Sa lame un ciel d’hiver neigeant

Son destin sanglant gibeline

Vulcain mourut en la forgeant

 

La seconde nommée Noubosse

Est un bel arc-en-ciel joyeux

Les dieux s’en servent à leurs noces

Elle a tué trente Bé-RieuxGloire et louange à toi, Satan, dans les hauteurs / Du ciel où tu régnas, et dans les profondeurs / De l'enfer, où vaincu, tu rêves en silence !  | Odilon Redon. | Odilon Redon. Guillaume Apollinaire. La chanson du Mal-Aimé. Et je chantais cette romance En 1903 sans savoir Que mon amour à la semblance Du beau Phénix s'il meurt un soir Le matin voit sa renaissance. Léo ferré. Frans leren, Vivienne Stringa

Et fut douée par Carabosse

 

La troisième bleu féminin

N’en est pas moins un chibriape

Appelé Lul de Faltenin

Et que porte sur une nappe

L’Hermès Ernest devenu nain

 

La quatrième Malourène

Est un fleuve vert et doré Dans mon rêve, je vis au ciel un visage de mystère. | Odilon Redon. Guillaume Apollinaire. La chanson du Mal-Aimé. Et je chantais cette romance En 1903 sans savoir Que mon amour à la semblance Du beau Phénix s'il meurt un soir Le matin voit sa renaissance. Léo ferré. Frans leren, Vivienne Stringa

C’est le soir quand les riveraines

Y baignent leurs corps adorés

Et des chants de rameurs s’y traînent

 

La cinquième Sainte-Fabeau

C’est la plus belle des quenouilles

C’est un cyprès sur un tombeau

Où les quatre vents s’agenouillent

Et chaque nuit c’est un flambeauDLa fleur du marécage, une tête humaine et triste. | Odilon Redon. Guillaume Apollinaire. La chanson du Mal-Aimé. Et je chantais cette romance En 1903 sans savoir Que mon amour à la semblance Du beau Phénix s'il meurt un soir Le matin voit sa renaissance. Léo ferré. Frans leren, Vivienne Stringa

 

La sixième métal de gloire

C’est l’ami aux si douces mains

Dont chaque matin nous sépare

Adieu voilà votre chemin

Les coqs s’épuisaient en fanfares

 

Et la septième s’exténue

Une femme une rose morte

Merci que le dernier venu

Sur mon amour ferme la porte

Je ne vous ai jamais connue

La Chanson du Mal-aimé. Guillaume Apollinaire (1880 - 1918)