La Renaissance et l’invention de l’imprimerie

 

La Renaissance et l’invention de l’imprimerie

 

Voix off

« Mais qui est Gutenberg et que sait-on de lui ? Johannes Gensfleisch, dit Gutenberg, est né à Mayence dans une extrait d’un manuscrit de la Vie et des Miracles de Notre-Dame compilés par Jean Miélot, traducteur au service du duc de Bourgogne Philippe le Bon, a été réalisée vers 1456. La Renaissance et l’invention de l’imprimerie leerboek spreekvaardigheid, scholen, docenten, communication avancée, texte video, erk-normen methode spreekvaardigheid, invention de l’imprimeriefamille patricienne, au début du XVème siècle. On ignore sa date de naissance. On ne sait rien de son enfance, de sa jeunesse, de sa formation. Tous ses portraits sont imaginaires. On ne le connaît qu’à travers les compte-rendus des procès qui l’ont opposé à ses associés. Où invente-t-il l’imprimerie ? Est-ce à Strasbourg où il séjourne pendant dix ans ? Est-ce à Mayence ? Nous sommes en tout cas au bord du Rhin, sur l’axe rhénan, immense marché où circulent les hommes, les produits, les idées, l’argent. La bourgeoisie riche possède une grande ouverture d’esprit et est désireuse de s’instruire. Au début du XVème siècle, le goût de la lecture se répand. Des bibliothèques universitaires, religieuses, mais aussi laïques sont apparues.

On peut trouver jusqu’à quatre cents exemplaires d’un même ouvrage. Mais, ils sont confectionnés un par un par des copistes à la main.

« Vous ne savez pas ce que c’est que d’écrire. C’est comme une corvée écrasante. Elle vous courbe le dos, vous obscurcit les yeux, vous brise l’estomac et les côtes. »

Dans les ateliers, les scriptoria, à longueur de journée, des moines copient et recopient des textes. A cette époque, il n’existe nul part une méthode qui permette d’obtenir rapidement des reproductions nombreuses, identiques, mais surtout sans fautes. Or, il existe une forte demande sur certains textes. C’est le cas par exemple des donats, ces grammaires scolaires recherchées par un nombre croissant d’élèves. Gutenberg veut parvenir à les multiplier vite, à bon marché pour les obtenir en grand nombre. Il sait qu’ils se vendront rapidement. Lorsque Gutenberg entreprend ses recherches, la xylographie existe déjà. On grave sur du bois des images et même des textes aux lettres inversées. Mais, la planche de bois gravées une fois pour toute ne se décompose pas en lettres.

On ne peut donc pas la réutiliser pour un autre texte. La xylographie n’a pas quelque chose de commun avec l’imprimerie. Celle-ci reste encore à inventer. Le génie de Gutenberg ne réside pas dans une innovation révolutionnaire. Il s’emploie plutôt à tirer partie de techniques qui existent, éparses, utilisées à d’autres fins. A-t-il découvert les caractères mobiles ? Non ! Les romains composaient déjà des mots avec des lettres séparées. La presse ? Elle servait depuis longtemps à écraser le raisin. Les alliages au plomb ? L’artillerie en avait mis au point. Les moules pour couler les caractères ? Les orfèvres en utilisaient déjà. Mais, il est vrai qu’ils n’étaient pas réglables. Les poinçons à lettre en acier ? Les fondeurs de pots d’étain en avaient quelques uns. Mais, il en faut cent à deux cents pour commencer la composition d’un livre. Gutenberg réunit tous ces matériels. Il les améliore, les coordonne. Cet assemblage intelligent, coûteux et patient lui a sans doute pris une quinzaine d’années. Gutenberg fait d’abord graver un poinçon en acier. Le graveur y sculpte en relief le caractère inversé. Une fois terminé, le poinçon devenu très dur, ne pourra plus être retouché. Le poinçon vient s’enfoncer dans une matrice en cuivre. Sur cette matrice placée au fond d’un moule réglable, on coule un alliage de plomb, d’étain et d’antimoine. A partir d’un seul poinçon, on obtiendra ainsi des milliers de caractères identiques. Pour composer la page, on range les caractères un par un, ligne par ligne, en suivant un modèle. Des centaines, voire des milliers de ces caractères tiendront ensemble sur un page, sans qu’ils ne se séparent, se renversent ou s’intervertissent.

On tamponne les caractères avec une encre noire et grasse. Une pression régulière permettra d’imprimer les deux côtés de la feuille. L’imprimerie rencontra presque immédiatement un immense succès. Les imprimeries se répandirent dans toute l’Europe et au-delà. En un jour, selon un témoin de l’époque, on imprime plus qu’on n’écrit en une année. Gutenberg est-il reconnu comme l’inventeur de l’imprimerie ? A coup sûr. Pourtant, il n’a signé lui-même aucun livre, aucune impression. On ne possède de lui, ni une lettre authentique, ni une signature. On peut supposer qu’il a exercé une activité d’imprimeur de 1450 à 1458. C’est tout ! Cinquante ans plus tard, le livre jouera un rôle déterminant dans le développement des idées et de la connaissance, l’apparition de la contestation religieuse et la propagation de l’humanisme. »