Les oiseaux nicheurs menacés en France

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Les oiseaux nicheurs menacés en France

    Élodie Courtejoie :  Quels sont les critères pour parler de risques de disparition ? Est-ce qu’il y a des comptages qui sont réalisés ? Comment on sait qu’une espèce risque de disparaître ?

    Jean-Philippe Siblet* :   On a tout un faisceau de critères, c’est pas un critère, ce sont plusieurs critères qui peuvent être mis bout à bout pour déterminer si oui ou non une espèce est menacée.

Il y a d’abord un critère de taille de population. Il est évident que plus une espèce a un faible effectif, plus le risque de menace est important. Ensuite il y a l’aire de répartition de cette espèce. Plus l’espèce se rencontre sur un vaste territoire, moins il y a de chances que la population puisse être détruite en une seule fois. Vous comprenez bien qu’une espèce, par exemple, qui va avoir, comme dans certains cas, une centaine d’individus dans une île de Polynésie française va être beaucoup plus menacée qu’une espèce qui compte des dizaines voire des centaines de milliers d’individus répartis sur des centaines de kilomètres carrés. Alors comment mesure-t-on l’évolution des populations d’oiseaux ?

Il y a beaucoup de moyens de le faire pour des espèces, je dirais, à faible effectif et territoriales. Par exemple l’aigle royal, le faucon pèlerin. Ça, ce sont des espèces dont on est quasiment capables de compter les effectifs, individu par individu.

    Élodie Courtejoie :  Parce qu’il y en a peu déjà à la base.

    Jean-Philippe Siblet : Parce qu’il y en a peu à la base, parce qu’ils sont recherchés spécifiquement par des ornithologues, parce qu’ils ont un caractère patrimonial. Pour d’autres espèces, c’est beaucoup plus compliqué quand on a affaire par exemple à des bouvreuils ou des mésanges. Comment fait-on pour connaître l’évolution de ces populations ?

On a un système qui a été mis en place notamment par des équipes du Muséum national d’Histoire naturelle qui s’appelle le « suivi temporel des oiseaux communs » et qui mélange deux types de suivis. Un suivi par points d’écoute. Donc, ce sont des observateurs qui sont répartis dans l’ensemble du territoire national - plusieurs centaines voire maintenant plusieurs milliers - et qui font sur un tirage aléatoire de points, des points d’écoute. 5 minutes, on écoute les oiseaux et on note tous les oiseaux et ça réparti deux fois dans la saison.

Une fois au printemps, en avril généralement, et une fois un peu plus tard pour avoir tous les oiseaux migrateurs et de pouvoir les contacter. Et donc, ça permet de renouveler sur la durée, d’avoir des tendances sur la présence ou l’absence de ces espèces et sur leur abondance. Et puis pour corroborer ces chiffres, on fait aussi ce qu’on appelle un « stock-capture ». Ce sont, cette fois-ci, des ornithologues qui posent des filets, qui marquent les oiseaux et qui, par un système savant de calcul, permettent de déterminer également les abondances. Et les « stocks-points d’écoute » associés au « stock-capture » permettent de déterminer des tendances d’oiseaux et permettent de déterminer si oui ou non une espèce a une pente qui permette de la situer sur un niveau de menace plus ou moins important.

 *Jean-Philippe Siblet est ornithologue au Muséum national d’Histoire naturelle.