Paul Verlaine, Quinze jours en Hollande. 41

Paul Verlaine, Quinze jours en Hollande, Lettres à un ami.   Johan Thorn Prikker  Brieven  Philippe Zilcken  Souvenirs la Revue Blanche 1896. Frans leren, Vivienne StringaUne des plus belles feuilles de croquis est celle où il est couché, sa pipe inséparable à la bouche, ne pouvant dormir – après  avoir trop dormi comateusement, disant :

Quel ennui, quel souci

D'entendre toute la nuit

Les heures, les heures, les heures.

(Vieille chanson française.)

Sous son portrait sont écrites ces lignes : Moi-même actuel. Raconterai dans tel journal la crise par où j'ai passé. Crise mortelle ... j'ai failli mourir sans m'en douter. Que notre-Seigneur m'en préserve, car chrétien avant tout, et j'allais faire venir un prêtre .

Ironique est une dispute avec Vanier, où il lui propose : Si vous voulez, nous irons en face, brandissant un énorme gourdin, j'ai une canne comme ça maintenant, et Vanier qui lui répond : Mais malheureux, je suis père de famille, – vous  et Moréas vous êtes des hommes d'argent (sic). A côté du dessin qui le représente, ceci : J'arbore quelquefois cette tenue 1830, – heureux quand je ne mets pas mon bêret.

Il y en a beaucoup encore, mais je crois en avoir cité quelques-uns qui montrent comment Verlaine, aux moments de répit entre ses souffrances, savait s'amuser, rire de ses souffrances mêmes, – morales ou physiques, – avec une bonhomie extraordinaire et cette simplicité.

Philip Zilcken

La Haye